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La fée électricité
Ce salon de Genève était néanmoins un évènement, puisqu'on pouvait y voir 2 concepts d'hybrides français. Il y avait la Citroën C4, et comme on s'y attendait le démonstrateur de chez Peugeot était une version inédite, puisqu'il s'agissait d'une 307 CC. Encore une fois, j'écris que ces 2 hybrides HDI sont très convaincants, bien plus que le concept sur base de break Xsara de l'édition 2000 de ce même salon (qui utilisait un moteur essence). Le constructeur semble aussi très convaincu désormais de la valeur, et des avantages, de l'hybridation. Mais pour ce qui est de savoir quand les voitures seront mises sur le marché, c'est une toute autre histoire...
Constructeur encore plus convaincu par l'hybride, General Motors exposait son modèle Tahoe hybride (ci-contre), déjà présenté à Detroit, et dont je rappelle qu'il sera une voiture de série disponible sous environ 18 mois. Que dire de bien de cet engin ? Il fait moins de 3 tonnes. Et on est bien assis à l'intérieur. Mais même hybride, un tel gabarit apparait de plus en plus hors de propos en ce XXI° siècle. Il n'est pas normal qu'un individu ait besoin de plus 2 tonnes et demie de voiture pour se déplacer d'un point à un autre, même en ayant 3 enfants. Un peu plus loin sur le stand pourtant, le Cadillac Escalade, une version encore plus grosse et luxueuse (mais pas hybride) de la même plateforme, commençait sa carrière commerciale européenne.
Il y a des clients...
Depuis l'arrivée du Lexus RX400h, tous les fabricants de véhicules comparables veulent se mettre à l'hybride, et Land Rover exposait à Genève le fruit de sa réflexion. Visuellement attractive, cette maquette est cependant encore très éloignée d'un plan industriel. Mais elle regroupe un ensemble de technologies qui pourront à l'avenir faire du véhicule qui les adoptera un champion. Ce sont notamment un démarreur-générateur, un train arrière avec moteur électrique intégré, et une assistance de direction électrique pour en permettre le fonctionnement sans moteur thermique. Tout cela est bien sûr optimisé dans une optique tout-terrain, où le couple à 0 tr/mn du moteur électrique intégré au train arrière ne peut que faire merveille pour sortir d'une ornière.
Cette technologie n'est cependant pas pour tout de suite, ce qui n'est pas le cas de la Mini hybride, une voiture qui est tellement disponible que l'exemplaire exposé au salon était déjà vendu. Cette Mini a été développée par le carrossier milanais Castagna, qui indique une autonomie en mode électrique pur de 120 km, avec une vitesse de pointe de 130 km/h. Les batteries sont prévues pour être rechargées sur le secteur, mais elles peuvent aussi se recharger grâce au moteur thermique de la Mini, qui est inchangé. Avec 2 groupes propulseurs complets et fonctionnant en toute indépendance, cette Mini hybride est une réussite technique, mais c'est de la haute couture, au prix de la haute couture. L'exclusivité a nécessairement un coût supérieur à celui d'un produit de série comme une Lexus RX400h. Mais pour celui qui en a les
moyens, il doit être bien agréable
de posséder une auto dont on est sûr que le voisin n'en aura pas une pareille...
Cette Mini était la bonne surprise du salon, et la mauvaise était qu'il n'y avait que 2 voitures à pile à combustible exposées. La Toyota Fine-N, et la Honda FCX Concept, toutes déjà vu l'année dernière. Mais aucun trace d'hydrogène chez Mercedes, Ford ou GM, et pas non plus chez Peugeot, où le beau projet GENEPAC était invisible. Il y avait alors les voitures électriques, et Mitsubishi présentait un troisième concept MIEV (Mitsubishi In-wheel Electric Vehicle), une sorte de monsopace urbain (ci-contre). Et avec un troisième communiqué de presse pour vanter le savoir-faire
de Mitsubishi en ce domaine, en oubliant encore une fois de préciser que ce n'est pas Mitsubishi qui les fabrique ces moteurs électriques.
La Fiat Panda électrique par contre, on sait bien que ce n'est pas Fiat qui la réalise. C'est l'entreprise suisse MES-DEA qui achète des Panda essence, enlève le moteur thermique et le remplace par un électrique avec des batteries Nickel/Chlorure de sel (Zebra). Avec une vitesse de pointe de 110 km/h, et une autonomie de 130 km, cette Panda est disponible en Suisse au prix d'une Toyota Prius. C'est le prix du zéro pollution en petite série. Pour faire mieux, il faudrait de meilleures batteries, et une production en plus grande série, un homme semble pouvoir le faire, et c'est un français.
Je parle de Vincent Bolloré, qui s'il n'est pas constructeur automobile, est néanmoins à la tête d'une industrie de taille comparable. Il n'était pas là l'année dernière, sa venue cette année indique que le projet avance, il l'a d'ailleurs exprimé clairement. M. Bolloré a annoncé la construction, dans l'année, de 6 nouveaux exemplaires de la Bluecar, et pour 2008/2009, d'une usine de production de la déjà fameuse batterie Batscap (ci-contre, avec à droite Philippe Guédon, l'ingénieur concepteur de l'auto). Avec une vitesse de pointe supérieure à 120 km/h, et une autonomie de plus de 200 km, la Bluecar promet beaucoup, et génère un intérêt croissant. La voiture roule, Alain Prost l'a essayé, et si un long chemin reste à parcourir,
la Bluecar avance, bonne nouvelle. Et seconde bonne nouvelle de Genève, ce n'est pas encore officiel, mais les BMW à hydrogène que tant de gens attendent, elles sont pour bientôt.
Alors, électriques sur batteries ou thermiques à hydrogène, on va finalement arriver à couper le lien entre émissions de CO2 et l'usage d'une voiture, il n'est que trop temps.
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