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Pétrole, ALERTE : la spéculation ouverte aux particuliers

Lun 07/07/2008   —   Un nouveau service vient d'apparaitre aux Etats-Unis, il propose à tout automobiliste de spéculer.
Selon ses penchants politiques, ce service sera le pire ou le meilleur. Il permet aux petits de faire la même chose que les gros. Le gros, c'est par exemple la compagnie aérienne, qui peut acheter aujourd'hui, en juillet 2008, le kérosène que ses avions vont consommer durant le mois de janvier 2009. Un petit automobiliste ne pouvait pas faire cela, il le peut désormais (du moins s'il est américain) grâce au site MyGallons.com*. Il faut s'y inscrire, payer une cotisation de 30/40 $, et on devient membre après avoir reçu une carte de crédit. Il s'agit plus précisément d'une carte de paiement à débit immédiat, qui n'est utilisable que dans les stations-services (dans 95 % des stations des Etats-Unis, d'après l'entreprise), pour acheter du carburant. On alimente au préalable le compte qui lui est associé en faisant des virements à partir du site MyGallons.com. L'idée est de permettre d'acheter aujourd'hui son carburant pour demain. J'achète aujourd'hui sur MyGallons.com pour 100 $ d'essence à 4 $ le gallon, donc 25 gallons, et si dans 6 mois, le gallon est à 5 dollars, je n'obtiendrai plus que 20 gallons de mes 100 $. Mais en ayant pré-acquis mon essence quand elle était à 4 $ le gallon, je pourrais toujours l'acheter à ce tarif, même quand la pompe dira que le prix est de 5 $ le gallon. Je gagnerai donc 5 gallons, soit 25 $. Vive le capitalisme !

Il faut penser à MyGallons.com comme un émetteur de carte de paiement qui n'utiliserait pas une unité monétaire, mais une unité de mesure d'un carburant liquide. Et son tort est de permettre à tout un chacun de spéculer. Car si l'utilisateur lambda peut acheter sa consommation d'un mois, un spéculateur peut aussi choisir de placer là toutes ses économies. Et revendre l'essence avec un bénéfice non déclaré à ses voisins. C'est là que cela devient dangereux. Parce que plus l'entreprise aura de succès en pré-vendant du carburant, plus elle devra en acquérir avec des contrats à terme, et plus cela fera monter les prix. Histoire classique de la spéculation qui se nourrit d'elle-même. C'est comme si tous les français allaient demain matin acheter 5 kg de sucre, cela ferait monter le prix du sucre. D'un côté, tous les spéculateurs s'enrichissent, mais d'un autre, les pauvres restent sur le bord de la route, puisqu'ils n'ont plus les moyens d'acheter une essence qui a trop augmentée. On n'oubliera pas non plus d'envisager un retournement de la tendance haussière, avec un pétrole qui redescendrait en dessous des 100 $ le barril. Dans cette hypothèse, le prix de l'essence baisserait peu après, et celui qui aurait pré-acquis 25 gallons pour 100 $, perdrait 25 $ si le prix du gallon baissait à 3 $. A bas le capitalisme !

Le service assuré par MyGallons.com est dangereux. Pour le particulier, pour les plus pauvres, et probablement aussi pour l'économie en général. L'entreprise est dés ses débuts en difficulté, momentanément, par la faute du prestataire qui assure ses transactions par carte de crédit, et même si elle ne fait rien de moralement condamnable, nous ne souhaitons pas la voir prospérer. Elle n'est pourtant qu'un intermédiaire. Que faire si un pétrolier décide demain de proposer ce service ?

Laurent J. Masson

*On dirait en français meslitres.fr. Les américains ne sont pas encore passés au système décimal pour les liquides, le carburant se vend au gallon (3,785 l), et le lait au quart (0,946 l) ou à la pint (0,473 l).


Rubrique(s) et mot(s)-clé : hors-constructeur ; carburant-energie ; politique-transport_monde