| Ses points forts Performances en hausse Finition de qualité Sobriété réelle Autonomie électrique Capacités tous chemins |
Ses points faibles Port Chademo La plus forte regénération ne l'est pas Niveaux de regénération trop rapprochés Prix un peu élevé |
C'est un précurseur ! Il faut s'en souvenir, mais il y a une douzaine d'années, les hybrides rechargeables se comptaient sur les doigts d'une main. Le Mitsubishi Outlander était déjà là. Pendant plusieurs années, il fut même l'hybride rechargeable le plus vendu en Europe. Plus récemment, il y eût des incertitudes, une disparition même, mais l'Outlander est à nouveau disponible. Fidèle à lui-même, c'est un vrai Mitsubishi, 100 % nippon. On le souligne, parce que c'est aujourd'hui le seul. Les autres Mitsubishi vendues en France, ont toutes des bases Renault, mais rien de cela dans l'Outlander, pur produit du pays du soleil levant, conçu et construit avec soin, et garanti 8 ans.
L'Outlander est un engin massif. Si le premier Outlander PHEV avait des lignes arrondies, un design assez soft, ce n'est plus le cas de ce nouveau venu. Il a des lignes hautes, solides, ce n'est pas un crossover, mais bien un SUV, et un vrai 4x4 de surcroît. Ses dimensions sont 4,72 x 1,86 x 1,75 m. On remarque la hauteur, 11 cm de plus qu'une Peugeot 3008, ce n'est pas du tout la même catégorie. La face avant rappelle celle des anciens Pajero, ce qui ne déplaira à personne, en plus moderne avec les feux tout LED. Il y a 5 niveaux de finition possibles, de 52 090 à 66 590 €. Cela paraît un peu élevé, il faudra choisir le niveau de finition avec soin, ou négocier, parce qu'en dépit de sa propulsion hybride rechargeable très avancée, cet Outlander est assujetti au malus au poids.
Il y a 2 machines électriques distinctes. Une de 85 kW avec 255 Nm de couple pour les roues avants, une seconde de 100 kW avec un couple de 195 Nm pour les roues arrières. Et bien sûr un moteur essence, un gros 4 cylindres de 2,4 litres, fortement optimisé pour cet application, sa puissance est modeste. 136 ch et 203 Nm de couple. Mais ensemble, l'automobiliste dispose de 306 ch sous son pied droit, ce qui constitue un énorme progrès par rapport aux précedents Outlander. Pour contrôler toute cette cavalerie électro-thermique, une gestion intelligente commande au moteur essence de transmettre sa puissance aux roues, ou de recharger la batterie, ou d'être au repos. Et au-delà du cerveau de l'auto, il y a évidemment la volonté du conducteur. Il peut choir de rouler en mode électrique, ou de conserver la charge batterie, par exemple parce qu'il est sur l'autoroute, ou encore de recharger la batterie, en prévision d'une arrivée en ville.
A côté de la puissance en forte hausse, la batterie aussi a sacrément pris du muscle, avec une capacité qui est désormais de 22,7 kWh. C'est plus que la capacité des premières Renault Zoé. Mais dans ce gros véhicule, l'autonomie WLTP n'est que de 85 km. On notera cependant que dans cet usage hybride, la batterie ne se décharge jamais complètement. L'Outlander faisant par ailleurs un effort d'efficience puisque son chauffage est assuré par une pompe à chaleur. Tandis que pour garantir une bonne autonomie globale, le réservoir d'essence a une contenance de 53 litres. On notera aussi la garde au sol de 195 mm, ce qui permettra assurément à l'Outlander de s'aventurer hors du réseau routier, comme son physique l'y invite. Long de 4,72 m, large de 1,86 m et haut de 1,75 m, cette Mitsubishi en impose, à voir et donc aussi sur la bascule, avec une masse à vide de 2070 kg. On n'a rien sans rien.
La première impression est très positive. C'est cossu. La voiture est haute, on s'installe à bord très facilement et on a le sentiment de monter dans une voiture haut de gamme. Mitsubishi a nettement progressé en terme de présentation et de qualité perçue. Encore que le cuir marron de cette voiture d'essai soit trop clair. C'est la couleur du chocolat au lait, c'est pas mal, mais ce serait beaucoup plus chic, si ce marron se rapprochait d'une couleur acajou, ou noyer. Certains trouveront la présentation assez vieille école, avec 2 gros cadrans sur l'écran digital en face du conducteur, des grosses molettes ultra faciles à régler pour la climatisation, un levier de vitesses massif, mais on l'a bien en main. On trouve tout de suite ses marques, et il n'y a pas besoin de farfouiller des heures pour trouver un truc caché dans un sous-menu de l'ordinateur de bord. Enfin, sauf pour les alertes d'assistance à la conduite. Là, ce pourrait être plus simple pour toutes les désactiver.
Comme on le voit de plus en plus souvent, il y a un grand toit panoramique en verre, mais Mitsubishi a été là plus malin que Tesla et les constructeurs chinois, puisqu'il n'a pas fait l'économie de ne pas lui inclure un volet occultant. C'est indispensable à nos yeux. Comme on pouvait l'imaginer vu du dehors, l'habitabilité est excellente à toutes les places, avec une super garde au toit. Le coffre aussi est satisfaisant, avec un volume de 472 litres, et surtout des formes bien droites. Mais le tissu cache-bagages est un peu cheap. L'équipement est évidemment en rapport avec le prix. On trouve donc de belles jantes alliage, un régulateur de vitesse intelligent, une caméra 360°, la navigation, et même des sièges avants électriques et massants sur la finition supérieure de cette voiture d'essai. Mais on peut s'en passer...
Je me sens bien. Cela m'embête presque de l'écrire, puisque sur MoteurNature, on ne devrait dire du bien que des petites autos légères et aérodynamiques, hyper efficientes. Mais je ne peux mentir. On est bien dans un gros SUV comme cet Outlander. On est assis plus haut que la moyenne des véhicules, on a un large capot devant soi, cela donne un sentiment de sécurité qu'aucune petite voiture ne pourra jamais prodiguer. Je démarre en électrique. L'auto roule d'ailleurs toujours en électrique. Le moteur essence ne sert qu'à recharger la batterie, sinon à allure soutenue, plus de 70 km/h, où il peut diriger sa puissance vers les roues motrices. Mais en temps normal, il n'est qu'une génératrice, pouvant éventuellement recharger la batterie à fond en roulant, si le conducteur le lui demande.
La regénération de l'énergie perdue au freinage est réglable sur 5 niveaux, on pourrait en supprimer au moins deux. Les écarts d'un niveau au suivant sont bien trop faibles. Il faut en monter deux pour sentir la différence. On pourrait aussi en rajouter un avec encore plus de regénération. Car même sur le réglage le plus fort, c'est très loin des systèmes One-Pedal que font d'autres constructeurs. Le réglage de la puissance ensuite, ou plus précisément du fonctionnement global, et là, c'est le grand luxe, puisqu'il y a un choix de 7 modes. Le mode normal, ECO et Power, mais aussi, goudron, gravier, neige et boue. Oui, je suis bien dans un 4x4. D'ailleurs, je l'ai vérifié. Les photos montrent l'auto sur un parterre forestier de feuilles mortes. Cela faisait plusieurs jours qu'il flottait comme c'est pas permis, et pour en sortir, j'ai roulé dans de la bouillasse. J'ai fait exprès de m'y arrêter. Je suis certain qu'avec une deux roues motrices, j'aurais été planté. Mais j'en suis sorti sans aucune peine, ni bruit. C'est beau.
Sans chercher à faire du franchissement, j'aurais trainé un peu sur des chemins forestiers, et on ne vantera jamais assez la joie de rouler silencieusement au milieu de la nature. J'avais baissé les vitres. Bien sûr, cela aurait été encore meilleur de sortir et de marcher, mais je n'avais pas les chaussures pour cela. J'aurais cependant pu mettre des rangers, les 2 pédales sont bien espacées, les commandes tactiles aussi, le port de gants ne m'aurait pas gêné. Sur la route enfin, on remarque vite la puissance en hausse. D'abord dans les accélérations, et plus encore dans les reprises, qui m'ont surpris. A 80 ou 90 km/h, on peut dépasser très vite et en toute sécurité. L'Outlander n'est évidemment pas sportif pour autant. C'est un gros engin lourd, et le centre de gravité doit être un peu haut. On ne cherchera pas à doubler les Alpine sur les routes de montagne. Néanmoins, cette Mitsubishi est bien chaussée, et elle est presque toujours très confortable. On peut donc dire que les ingénieurs chassis japonais ont réussi leur mission.
Selon le constructeur, l'autonomie électrique est de 85 km. J'ai fait un poil moins, mais ce n'est pas important. Ce qui compte est que l'autonomie électrique est au-delà du kilométrage quotidien de l'automobiliste moyen. Parce que c'est pour cela qu'on achète un hybride rechargeable. Rarement plus de 50 km les jours de semaine, on branche chaque soir, et le moteur essence ne sert que le week-end et pour les vacances. L'auto accepte aussi la recharge rapide, mais elle a le défaut d'avoir son port de charge au standard japonais Chademo, un format condamné en Europe... Ce ne devrait cependant être un gros souci, puisqu'avec une hybride rechargeable, sauf à avoir une installation électrique ancienne, on rechargera que la nuit sur une prise ordinaire. Le plus important était de mesurer la consommation une fois la batterie déchargée. J'ai relevé une consommation de 7,3 l/100 km en ville, et de 9,6 l/100 km sur l'autoroute. Dans l'absolu, ces valeurs sont élevées, mais l'auto n'est pas une Fait 500. C'est un gros SUV, et surtout un 4x4. La consommation me semble alors très correcte.
Le Mitsubishi Outlander a beaucoup changé dans cette génération. Avec un style plus affirmé, il est nettement plus puissant, et tout aussi nettement, plus sobre. L'époque où il était en tête des ventes des hybrides rechargeables, semble assez lointaine, mais tous ceux qui ont aimé les premiers modèles aimeront celui-ci. Son prix aussi a changé, et là, c'est moins appréciable, surtout que s'il évite le malus CO2, il est assujetti au malus au poids. Ce fera au moins une bonne ouverture pour négocier le prix, parce que ce qui n'a pas changé, est qu'il ne faut pas le considérer comme un hybride rechargeable, mais plutôt comme une électrique avec un prolongateur d'autonomie. C'est différent, mieux surtout. Si on la regarde comme cela, cette Mitsubishi Outlander PHEV n'a à ce jour aucune concurrente.






