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Après 22 ans de télétravail...

Mer 25/03/2020   —   Expériences vécues.
Poires de Chine dans un supermarché en FranceCe n'est pas mon habitude de parler de moi, mais quand beaucoup de français sont aujourd'hui contraints au télétravail, il pourrait leur être utile que je partage mon expérience avec eux, étant télétravailleur depuis février 1998. La grande différence entre moi et les nouveaux télétravailleurs de par le confinement, est que j'ai choisi cette situation par conviction écologique. Et aussi parce que j'ai lu Alvin Toffler, qui avait écrit dés 1970 (Le choc du futur) que des millions de travailleurs quittent leur domicile le matin pour aller sur leur lieu de travail est l'opération la plus improductive qui soit. J'ai toujours favorisé la proximité, et j'illustre mon propos avec l'horreur de la présence d'un carton de poires importées de Chine dans un supermarché français. Parce qu'on sait faire des poires en France, je serais partisan d'une interdiction de leur importation de Chine, et parce que depuis 1995 (donc avant le lancement de ce site), l'essentiel de mon temps de travail est sur un ordinateur connecté à Internet, j'ai choisi de supprimer les déplacements domicile-travail.


Savoir s'isoler

L'idéal est bien sûr d'avoir une pièce dédiée au travail, un vrai bureau où on ne fait rien d'autre que travailler, mais ce n'est malheureusement pas possible à tous. A défaut, on écartera du champ de vision tout ce qui n'est pas professionnel, et on créera son propre fond musical pour couvrir les éventuels bruits environnants. Je préconise de la musique instrumentale, ou si chansons, qu'elles soient en langue étrangère pour éviter que les paroles interpellent.

Optimiser sa position de travail

Etre bien installé, sur une assise rembourrée, le dossier un peu incliné, avec un bureau ou une table de travail parfaitement à la bonne hauteur. Il ne faut jamais penser que la situation n'est que provisoire. J'ai surélevé avec des cales ma table de travail pour avoir le dos plus droit.

Faire de la gymnastique

Travailler chez soi signifie qu'il n'y a plus que quelques mètres entre son lieu de travail et son lit. Cela change tout pour ceux qui allaient auparavant travailler à bicyclette... Quelques mouvements ne peuvent remplacer cela, mais au moins 2 fois par jour, je me lève pour faire des assouplissements et des élongations pendant une dizaine de minutes. C'est le minimum.

Se fixer des horaires, et les tenir

Il y a bien sûr toujours des deadlines, et si le télétravailleur isolé est libre de travailler quand il le souhaite, il est hyper recommandé d'avoir des horaires fixes, de commencer sa journée de travail toujours à la même heure. Je fais une pause tous les jours en milieu d'après-midi, et si j'ai envie de la faire avant l'heure, je me l'interdis. J'attend l'heure de la pause. Avoir des horaires standards permet aussi d'être en phase avec les autres travailleurs.

Se fixer des objectifs et les tenir

Etre maître de son planning ne doit pas signifier être libre de reporter au lendemain. C'est plutôt la liberté de faire son travail le plus rapidement possible, pour pouvoir être libre ensuite. Mais dans la pratique, il arrive régulièrement que le travail ne soit pas fini à la fin de la journée, et qu'il faille s'y remettre le soir. C'est là qu'il est important de s'être fixé des objectifs, un planning, et de le respecter, pour ne pas se donner trop ou trop peu de travail, et avoir un rythme de vie régulier.

Détailler avec précision les tâches à accomplir

C'est là le plus important pour tout travailleur à distance. Pour ne pas multiplier inutilement les contacts entre l'éxécutant et le donneur d'ordre (je suis les deux), il faut que le travail à faire ait été parfaitement défini et expliqué avant qu'il ne soit commencé, et que l'éxécutant connaisse avec précision chaque point de sa tâche. Quand je fais travailler un développeur indien ou ukrainien, je peux passer 2 heures pour rédiger la description d'un travail qui sera d'une seule journée. Et si on me demande un travail, je pose un maximum de questions avant de commencer, pour ne plus en avoir quand je le fais.

Limiter les sources de distraction

C'est la drame qu'à la différence d'une pioche ou d'un hachoir à viande, un ordinateur n'est pas seulement un outil de travail, il est aussi un instrument de distraction. Mon exemple est peut-être jusqu'au boutiste, mais je n'ai aucun jeu sur mon ordinateur, et je ne reçois aucune notification sinon les mises à jour du système d'exploitation. Idem le smartphone, et je n'utilise aucun réseau social, linkedin ou facebook, qui sont peut-être bien pour tuer le temps, mais inutiles pour travailler. On pensera aussi que lorsqu'on passe toutes ses journées devant un ordinateur, on a envie d'autre chose dans ses temps de loisirs.

Limiter les moyens de communication

En 22 ans de télétravail, aussi bien en tant qu'éxécutant que donneur d'ordre, en travaillant avec diverses personnes dans 7 pays différents, j'ai dû faire moins de 10 vidéo-conférences, qui se sont finalement révélées quasi inutiles, et je n'ai jamais utilisé aucune messagerie instantanée. Je fais tout par téléphone ou courrier électronique. Et c'est l'email qui est le mieux, puisqu'on peut y revenir, et que l'écrit impose un certain formalisme. D'ailleurs, pour éviter toute distraction malvenue, je m'abstiens toujours d'utiliser le moindre smiley.


Le télétravail n'est évidemment pas pour tout le monde. Mais de nombreux boulangers, artisans ou vétérinaires travaillent à leur domicile, et en sont comme moi très heureux. Après plus de 20 ans de cette vie, je me sens incapable de retourner à une vie où je devrais tous les jours perdre du temps à me déplacer. Et quand on voit aujourd'hui des hôtels, comme des loueurs d'appartements, offrir aux personnels soignants surstressés des hébergements à promiximité des hopitaux, je ne suis pas le seul. S'il y avait dans ce pays une politique d'urbanisme et d'aménagement du teritoire digne de ce nom, ce devrait être une priorité nationale, pour la qualité de vie aussi bien que la réduction de la consommation d'énergie, que de raccourcir les distances entre domicile et travail. Pour tout le monde.


Laurent J.Masson


Rubrique(s) et mot(s)-clé : hors-constructeur ; ecologie