Les européens achètent plus de chinoises que les chinois n'achètent d'européennes
Sam 21/03/2026 — Des répercussions en France.
Dans ce monde de libre-échange généralisé, un pays achète les produits d'un autre pays qui lui achètent ses propres produits en retour. Mais les échanges sont rarement équilibrés entre 2 pays. En matière d'automobile, ils ont longtemps été déséquilibrés entre l'union européenne et la Chine. C'était principalement au profit de l'industrie allemande. Les chinois achètaient plus de voitures européennes, que les européens n'achetaient de voitures chinoises. Mais c'était facile, puisqu'il n'y avait aucune voiture chinoise disponible aux automobilistes européens. C'est MG, la marque anglaise rachetée par les chinois, qui est arrivé en France le premier, en 2019 (ci-dessus, une MG). Et puis BYD (ci-dessous, une BYD), et puis Xpeng, et puis... Tant et tant que selon une étude de EY, l'année dernière, les automobilistes européens ont acheté plus de voitures importées de Chine que les automobilistes chinois n'ont acheté de voitures importées d'Europe. La balance commerciale qui était nettement bénéficiaire, est devenue déficitaire. Le changement a été très, très rapide, et le point dramatique est qu'il devrait s'aggraver tout aussi rapidement.
Parce qu'en plus du succès croissant des chinoises en Europe, il y a une désaffection tout aussi croissante des voitures européennes en Chine. Les BMW, les Mercedes, ne font plus beaucoup rêver les chinois jeunes ou vieux. Les Porsche Panamera ou Taycan se croyaient sur un piédestal, mais une Xiaomi SU7 est presqu'aussi belle, plus performante dans sa version Ultra, tout en étant beaucoup moins chère. Les critères qui font la valeur d'une automobile ont aussi changés. Les chinois accordent plus d'importance à la taille des écrans de la planche de bord, aux interfaces graphiques, et profitant de leur leadership dans tout ce qui est électronique, ils font des voitures qui apparaissent supérieures avec des immenses écrans.
Les constructeurs européens n'ont d'autre choix que de se restructurer, et cela veut dire supprimer des emplois. Volkswagen a annoncé des dizaines de milliers de suppressions nettes de postes, il en va de même chez les équipementiers. Ainsi Bosch, qui va supprimer cette année des milliers d'emplois en Allemagne, mais aussi en France, à Moulins et à Venissieux. Et ce n'est pas fini.Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : voitures-chinoises ; commerce-distribution