| Ses points forts Prix ! Habitabilité Performances Consommation Equipement |
Ses points faibles Direction floue Régulateur de vitesse Détails d'ergonomie Ouverture du capot |
MG Motor a vendu 35 108 voitures en France l'année dernière. Pour situer, dans le même temps, Nissan a vendu 28 576 autos, Opel 32 290, et Kia 33 988. Ford a fait mieux, avec 38 321 ventes, mais c'est un fait que MG Motor, cette vieille marque anglaise que tout le monde avait oublié il y a seulement 5 ans, est devenu un acteur de premier plan dans l'hexagone. C'est la MG 4 électrique qui a principalement relancé MG en France, mais nous avons choisi d'essayer le modèle supérieur, un bon gros SUV familial. C'est la MG EHS, elle existe en version hybride rechargeable, ou hybride non rechargeable, et c'est cette dernière version que nous avons choisi d'essayer. Son prix est de 32 490 €. C'est une auto plutôt élégante, avec une grande bouche et des feux étirés, et un gros logo MG (Morris Garage) octogonal d'aspect rétro, vieillot même, mais dans le bon sens du terme, c'est-à-dire sympathique.
Ce n'est pas une petite voiture. 4,67 x 1,89 x 1,66 m. Pour comparer, une Peugeot 3008 a les dimensions suivantes : 4,54 x 1,90 x 1,64 m. Sous le capot, on trouve un ensemble d'une puissance combinée de 224 ch (165 kW). Un 4 cylindres 1500 turbo-essence de 143 ch (105 kW), associé à une puissante machine électrique de 146 kW (198 ch). C'est là qu'on voit la grande différence avec les hybrides européens, qui n'ont tous que des petites machines électriques. Les plus compactes et les moins chères possibles. Les chinois font le choix inverse de machines électriques très puissantes, plus que les mécaniques essence qu'elles accompagnent.
On peut ainsi vraiment accélérer sans démarrer le moteur essence, surtout que la batterie est tout aussi substantielle avec une capacité de 1,83 kWh. Nous n'aurons pas fait le test, car il n'a pas de sens à nos yeux, mais aucun doute qu'on peut faire plusieurs kilomètres avec le moteur essence coupé. Cette traction avant accuse une masse de 1660 kg, ce qui n'a rien d'éxagéré au vu des dimensions et de l'équipement. Sa consommation moyenne normalisée est de 5,5 l/100 km, avec des émissions de CO2 de 126 g/km. Pour ce qui est des performances, cette MG EHS accélère selon son constructeur de 0 à 100 km/h en 7,9 secondes grâce à une transmission à 2 rapports, et elle peut tracter jusqu'à 1500 kg. Dernier bon point : une garantie de 7 ans ou 150 000 km.
Voilà une auto très habitable. Un homme de 2 mètres peut s'asseoir à l'avant, un homme de même taille pourra s'asseoir à l'arrière. Et pour replier les dossiers des sièges arrières, il n'y aura aucun besoin d'avancer les sièges avants. Le coffre a un volume de 441 litres, une valeur dans la moyenne, extensible à 1291 litres en repliant les dossiers arrières. Là cependant, le maniement du cache-bagages pourrait être plus facile. Il faut vraiment les 2 mains. Mais la vraie difficulté sera pour les mécaniciens, s'ils doivent effectuer une réparation en arrière du moteur. Le capot en effet, ne s'ouvre pas assez. Il faudrait augmenter l'angle de son ouverture d'au moins 15° pour que tout ce qui est dessous soit facilement accessible. A bord, si le dessus de la planche de bord a un bel aspect, c'est moins chouette en dessous, avec des plastiques rigides qui doivent se rayer facilement. Et l'ajustage de la porte de la boite à gants n'est pas fantastique. Je dois ensuite déplorer une fois de plus que si la garniture de toit est creusée pour permettre la présence d'une poignée de maintien, le conducteur en est privé. Seuls les passagers y ont droit.
Les rétroviseurs sont amusants, ils sont bicolores. Ce n'est pas si rare en fait, mais sur cette voiture rouge, ce rétro gauche rouge et noir, il me titille le regard. Regardant devant moi, ensuite, pendant un instant, je crois qu'il n'y a pas de jauge à essence au tableau de bord, jusqu'à ce que je comprenne que la jauge est horizontale, c'est un simple trait lumineux, qui va en rétrecissant. Il y a au-dessus l'autonomie en km. C'est à gauche du tableau de bord, et on trouve à droite, le même graphisme pour donner le pourcentage de puissance utilisé, de 0 à 100 %, avec là aussi un trait en dessous. J'ai pris la voiture avec la batterie chargée à bloc. A l'arrêt, cela indiquait à gauche 1018 km par dessus un trait bleu, et à droite 0 %, au-dessus d'un trait blanc. Je serais toujours nostalgique des gros compteurs ronds... Ma découverte de l'auto se prolonge dans les menus de l'écran central, j'y trouve un réglage de la regénération au freinage, et bonne chose, il reste au réglage fixé par le conducteur après un redémarrage. Je rêverai cette nuit que toutes les voitures soient ainsi, mais pour l'heure, je démarre.
Il y a de la puissance. 224 ch comme je l'avais lu sur la documentation, et ils sont bien là. Même si j'en avais douté au départ, du fait d'un court instant d'hésitation entre le moment où le conducteur appuie sur la pédale de droite, et où l'auto accélère. J'aurais trouvé la solution après 200 km, il suffit d'enclencher le mode Sport. Et là, la MG répond immédiatement à la moindre sollicitation de l'accélérateur. Mais dommage, ce mode Sport ne reste pas, il faut le réenclencher à chaque redémarrage. La transition entre la transmission de la puissance par le moteur essence et la machine électrique est parfaitement gérée, c'est quasi imperceptible. Les chinois sont des champions en ce domaine, mais ils sont beaucoup moins bons pour ce qui concerne les directions. Je suppose que c'est moins important pour eux. Il y a toujours un flou entre le volant et les roues directrices.
Je n'aurais par contre rien à dire des suspensions. En dépit des grandes roues de 19 pouces, chaussées de Bridgestone 255/55, la MG est toujours très confortable. Elle est de plus bien aidé en cela avec des sièges sur lesquels on n'a pas fait d'économie de rembourrage. Et aussi peu bruyante, cette MG coche presque toutes les bonnes cases, mais cela ne l'empêche pas d'avoir quelques petits défauts, comme le régulateur de vitesse dont les boutons sont trop petits, et sur lesquels il faut appuyer plusieurs fois pour que cela fonctionne comme attendu. Les menus de l'écran central gagneraient aussi à être plus logiques, et il faudrait ajouter une option d'affichage clair à la navigation. J'avais cru prendre l'auto avec le GPS en mode nuit, mais non, il n'y a pas de réglage jour, la carte est toujours noire.
Sur un parcours lent, commençant par 30 minutes d'embouteillages, suivi de la traversée de départementales, j'ai relevé une consommation minimale de 4,7 l/100 km. C'est ensuite monté à 5,2 l/100 km dans une circulation urbaine normale, puis 7,6 l/100 km sur autoroute à 135 km/h. Il faudrait être difficile pour ne pas trouver ces valeurs excellentes. On aurait au mal à trouver une auto aussi spacieuse et aussi performante, qui soit plus sobre. Sans oublier qu'avec un réservoir de 55 litres, on peut faire de la borne avant de devoir ravitailler. Ce seront les passagers qui demanderont à s'arrêter bien avant que la voiture ne le demande.
Après les 537 km de cet essai, je dois me rendre à l'évidence, qui est que la conclusion fait mal. Ou suis-je chauvin ? Mais c'est un fait que cette MG EHS Hybrid est plus spacieuse et plus performante qu'une Peugeot 3008, alors qu'elle est au prix d'une 2008. Elle n'est pourtant pas exempte de petits défauts, et la française a une très jolie planche de bord, un toucher de route plus fin, mais il n'empêche que cette chinoise a de sacrés atouts en main. Le gouvernement a su éroder la compétitivité des MG électriques en les privant de bonus, mais au grand désespoir de l'industrie européenne, il n'a rien fait contre les chinoises qui ne sont qu'hybrides. L'union européenne, non plus. Cette voiture devrait alors très bien se vendre, elle le mérite.






