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Les constructeurs encore peu intéressés par l'impression 3D

Jeu 13/03/2014   —   L'étonnant prototype EDAG Genesis.
EDAG GenesisEDAG GenesisOn ne peut appréhender cet EDAG Genesis d'un simple coup d'œil. Il faut y porter un regard appuyé pour comprendre qu'il s'agit d'une maquette de monoplace auquel il manque les roues, mais il subsiste le sentiment d'être devant quelque chose d'anormal. Ce n'est pas que le design, c'est au-delà, c'est le fait qu'il n'y a ni raccord, ni soudure. Il n'y a qu'une seule pièce. On connait les petites figurines faites avec une imprimante 3D, cet engin a été fait de la même manière. Les matières thermoplastiques des imprimantes 3D pour particuliers ne conviennent évidemment pas pour donner la rigidité attendue d'une automobile, mais les ingénieurs d'EDAG expliquent qu'il est possible d'y ajouter des fibres de carbone. Ce problème est donc solutionné, et on peut alors profiter de méthodes de production inédites dans l'industrie, puisqu'il n'y a plus d'outillage, ni même d'usine au sens traditionne du mot.

Il n'y a plus que des ingénieurs derrière des ordinateurs avec des logiciels de modélisation 3D, et les imprimantes. Il y a aussi des atouts incroyables en terme de conception, puisque concevoir des voitures d'une seule pièce permet des architectures, et des designs inédits. Pour autant, personne n'imagine une voiture de série imprimée avant plus de 10 ans. Les méthodes de construction traditionnelles ont fait leurs preuves, et ce serait un risque énorme que de les abandonner pour une technologie aussi nouvelle. Le coût de production n'est même pas encore motivant. Les imprimantes 3D actuelles ne sont pas compétitives pour produire des pièces en grande série. Le nombre de pièces défectueuses est élevé, tout comme le temps de fabrication.

Les professionnels ont pourtant regardé cette maquette Genesis du grand cabinet d'ingénieurerie EDAG avec un certain enthousiasme, au salon de Genève, et on peut imaginer des pièces imprimées sur des voitures très chères faites en toute petite série, comme les Lamborghini. Mais pour ce qui est de la voiture de tout le monde, ce ne sont pas des technologies pour demain, mais pour après-demain.


Rubrique(s) et mot(s)-clé : equipementiers ; technologie ; autopartage-covoiturage