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Le Royaume-Uni reporte de 2030 à 2035 l'interdiction des essences et diesels

Ven 22/09/2023   —   Un seul perdant, et ce n'est pas la planète.
rishi sunakOriginellement, c'était 2040. C'était cette année là que le Royaume-Uni devait interdire la vente des voitures neuves à moteur thermique (essence ou diesel). Mais il y a 3 ans, dans une envolée dont il était coutumier, Boris Johnson, alors premier ministre, avait décidé d'avancer cette date à 2030. Cela avait fait peur à beaucoup, mais on pensait malgré tout qu'en 10 ans, l'industrie saurait s'adapter. Effectivement, il n'y a plus aucun doute qu'elle y serait arrivée. Mais Rishi Sunak, le nouveau premier ministre, pourtant du même parti que Boris Johnson, vient d'annoncer qu'il reportait l'échéance à 2035. La chose n'est pas encore faite, il faut que le texte soit voté, mais sauf grosse surprise, ce ne serait pas un problème. On peut donc regarder ce que ce seront les conséquences de ce report.

Pour la planète.  Parce que c'est le plus important. C'est pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qu'on met en place cette interdiction, et la reculer pourrait être un drame, mais nous pensons plutôt que ce report ne changera pas grand chose. Tout le monde voit que l'électro-mobilité est bien lancée, qu'elle progresse vite, et il n'y a rigoureusement aucun doute qu'en 2030, une écrasante majorité des voitures neuves sera à propulsion électrique. Qui achètera encore une voiture essence en 2031 ? Bien peu de gens, et il faut se poser la question de savoir s'ils auraient acheté une électrique à la place, si les essences étaient interdites. Nous pensons que non. Les gens qui achèteront une essence en 2031 seront des réfractaires à l'électrique, et s'ils ne pourraient plus acheter une voiture neuve, ils auraient continué à rouler avec leur vieille essence. Avec l'achat toujours possible d'une voiture neuve, ils évolueront vers un modèle plus sobre, alors c'est positif.

Pour l'industrie.  Nous vivons dans une économie globalisée, et aucun constructeur de conçoit de modèle pour les vendre dans un seul pays. Vrai qu'il y a en Angleterre des petits artisans qui ne font que quelques dizaines de voitures par an, mais rien ne change pour eux, il y avait déjà une exemption pour ceux qui vendent moins de 1000 voitures par an. Les constructeurs auraient arrêté les essences au Royaume-Uni, mais ils les auraient continué sur d'autres marchés. Et si certaines marques, comme Opel, ont annoncé ne plus vendre que des électriques à compter de 2028, rien ne changera, ils ont leurs propres plannings.

Pour les opérateurs de bornes de recharge.  Voilà les seuls vrais perdants, parce que dans les budgets prévisionnels qu'ils montrent à leurs investisseurs, ils avaient mis en gros l'échéance de 2030. Celle-ci repoussée, ils ne pourront plus obtenir d'argent, et il faudra qu'ils se débrouillent avec ce qu'ils ont pour parvenir à la rentabilité. Cela impliquera probablement d'annuler l'ouverture de nouvelles stations...

Pour conclure, on s'amusera que 7 ans après le vote du brexit, le Royaume-Uni effectue un nouveau rapprochement avec l'union européenne, en se mettant au diapason de l'échéance de 2035, qui était celle qu'avait fixé l'UE.


Laurent J. Masson




Rubrique(s) et mot(s)-clé : hors-constructeur ; politique-transport_Europe