Le plan FaSTLAne de Stellantis : pas mauvais mais sans imagination
Ven 22/05/2026 — La bourse dit : circulez, il n'y a rien à voir.
C'est peu dire que cette présentation était très attendue. Cela fait un an que Stellantis a un nouveau dirigeant, Antonio Filosa, mais il n'avait pas encore dévoilé qu'elle serait sa stratégie, son ambition sur le groupe. C'est désormais chose faite, et... C'était du business as usual. Il n'y a pas eu de grande annonce. Le cours de l'action en bourse est resté stable. A Paris, il était de 6,32 € à la clotûre, mercredi soir. Alors bien sûr, la présentation a attiré la spéculation. Au cours de la journée, le cours est monté à 6,57 €, avant de descendre à 6,00 €, pour finalement remonter à 6,32 € à la clotûre. Comme la veille.Les nouvelles ? D'abord des clarifications. DS Automobiles et Lancia, des marques qui ne se vendent que dans une poignée de pays, s'y cantonneront. Citroën et Fiat vont se limiter au bas et milieu de gamme. Aucune auto de ces marques d'ici 2030, n'aura de modèle sur la nouvelle architecture STLA One. Et cette nouvelle plateforme STLA One mise en avant par Stellantis, elle n'est pas si nouvelle que cela, puisqu'elle n'est que le nouveau nom de la STLA Small qui avait été annoncé il y a 5 ans. Elle a cependant été agrandie, puisqu'elle va aussi prendre la place de la plateforme STLA Medium. La future Peugeot 208 sera la première voiture de série à reposer sur cette base STLA One, et d'autres modèles, chez Alfa Romeo, Jeep et Opel suivront, sur les segments B, C et D. Mais un point fâcheux est que ces autos, électriques, n'auront qu'une architecture en 400 volts, quand la Hyundai Ioniq 5 ou la Smart #1 sont déjà en 800 volts, pour permettre des temps de recharge plus courts.
C'est là que le bât blesse, parce qu'en dépit de ses milliers d'ingénieurs, la technologie est la grande oubliée dans le plan stratégique de M.Filosa pour Stellantis. Tesla, suivi par les chinois, a conçu la première Sotfware-Defined-Vehicle. Une auto pilotée par un logiciel, qui peut se mettre à jour. Seule. Stellantis va en faire aussi, mais ce sera avec Qualcomm, et Applied Intuition. Stellantis travaille également à la conduite autonome, ce sera avec Qualcomm et Wayve. Mais avec la promesse pour l'année prochaine d'une conduite moins autonome que celle de Tesla ou Xpeng aujourd'hui... Pendant ce temps-là, Li Auto, Mercedes ou Xiaomi, développent seuls leurs propres solutions. Et on n'oubliera pas BYD, qui en plus fabrique ses batteries.
On trouvera cependant des bonnes choses dans le plan FaSTLAne, comme la rationalisation de l'outil industriel par la cession de sites sous-utilisés à des constructeurs étrangers (chinois !), et des réductions des coûts de production par une conception plus habile, et plus de standardisation. Le groupe devrait ainsi maintenir ses positions sur les marchés où il est déjà fort, mais pour tenir tête aux chinois, on attendait plus. On voit donc encore une fois que la première force de Stellantis, ce sont ses marques. Elles resteront toutes.
Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : Stellantis ; industrie-production