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Citroën et Peugeot vont-ils rester des marques françaises ?

Ven 01/11/2019   —   La question n'est pas que chauvine.
Citroen Traction AvantC'est officiel même si pas encore définitif, les groupes automobiles PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall), et FCA (Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Maserati, Chrysler, Dodge, Jeep, Ram) veulent fusionner pour former le quatrième groupe automobile mondial. Ce projet n'est pas dénué de sens. Depuis la gestion calamiteuse de Sergio Marchionne, Fiat a gelé tous ses investissements, et il a dû abandonner les 2 segments les plus importants en Europe. Le segment B (Peugeot 208, Renault Clio, VW Polo), où ceux qui ont de la mémoire se rappelleront que Fiat vendait plusieurs centaines de milliers de Punto par an, et le segment C (308, Megane, Golf), où Fiat était aussi un leader avec les Bravo/Brava. La marque transalpine aurait énormément à gagner à développer de nouveaux modèles sur les bases fraiches des Peugeot 208 et 308.

A plus long terme, PSA qui veut revenir sur le marché américain, pourrait profiter du réseau de distribution de Chrysler, dont la gamme est encore plus atrophiée que celle de Fiat. Mais si Jeep aujourd'hui marche bien aux Etats-Unis, il s'est fait doubler par Land Rover en Europe, et il faudra de nouvelles motorisations pour relancer les ventes sur le vieux continent. Alfa Romeo et Maserati offrent aussi de belles perspectives, mais il faudra du temps, et de solides budgets (!) pour que le nouveau groupe révèle tout son potentiel. La question principale est donc au niveau de la gouvernance.

Dans un communiqué de presse commun, les 2 groupes ont annoncé qu'elles envisageaient de se regrouper sous la coupe d'une société holding basée aux Pays Bas. Il n'y a là rien à redire, c'est probablement la meilleure organisation possible pour un groupe mondial. Mais il faut s'interroger sur l'actionnariat. Le plus gros actionnaire individuel de PSA et FCA réunis serait en effet EXOR, la société contrôlée par la famille Agnelli. Il serait certes loin d'être actionnaire majoritaire, mais les français, soit les actions détenues par l'état français et la famille Peugeot seraient eux aussi minoritaires, et là c'est dangereux. Parce qu'on ne pourrait plus être certain du type de management qui serait employé. L'opposition entre capitalisme de court terme et de long terme est bien connue, c'est de cela qu'il s'agit. Les marques françaises ont toujours privilégié une vision de long terme, avec des investissements sérieux en R&D, et le versement de dividendes modestes, quand FCA ne pense qu'au profit immédiat, se moque de l'avenir, et n'a pas d'autre solution que de s'associer pour pallier ses déficits d'investissements... Où vont Peugeot et Citroën, et comment empêcher qu'EXOR dans quelques années, augmente ses parts pour prendre le contrôle de tout le groupe, et faire avec Citroën ce qu'il a fait avec Lancia ?


Laurent J. Masson

Illustration, copie d'écran du film L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

Rubrique(s) et mot(s)-clé : Citroen ; industrie-production