La bourse n'a pas de raison de ne pas aimer Renault
Jeu 12/03/2026 — Toutes les perspectives sont encourageantes.
C'est une constante de la bourse que de toujours surréagir. L'année dernière, quand Luca de Meo avait démissionné à la surprise générale, du jour au lendemain, l'action Renault avait perdu 25 % de sa valeur. Et le titre ne les a toujours pas repris depuis. Le groupe Renault n'a pourtant rien d'une pyramide inversée. Ce n'est pas le départ d'un homme qui peut le faire vaciller. Le nouveau patron, François Provost, avait présenté les résultats du groupe, il y a 3 semaines, ils étaient plus qu'honorables. Chiffre d'affaires en hausse de 3 %, le résultat net affichait certes une baisse, mais elle était dûe à l'évolution du traitement comptable de la participation de Renault dans Nissan. Si on met cela à part, l'entreprise se porte bien. S&P Global Ratings avait même relevé sa note de crédit, en décembre dernier. Parce qu'avec une Clio toute neuve, et la Twingo qui sera lancé très prochainement, les perspectives à court terme sont excellentes.Mais on s'interrogeait pour le moyen terme et au-delà, la présentation du plan futuREady avant-hier a alors dû rassurer tout le monde. Le groupe prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles d'ici 2030. Et Renault reste réaliste. L'Europe sera toujours son marché principal, et si l'expansion viendra de l'étranger, le groupe ne se frottera pas à la Chine ou aux Etats-Unis, des marchés terriblement difficiles, il préfèrera se focaliser sur l'Inde et l'Amérique du Sud, des marchés à forte croissance, où il possède déjà des bases solides.
On rappelle ensuite que Renault a récemment conclu un accord avec Ford, pour produire pour lui des petites autos, et avec les accords qu'il a déjà avec Nissan et Mitsubishi, cela garantit un excellent taux d'utilisation des usines du constructeur. Pour aller plus loin, Renault entend baisser ses coûts de 400 € par an en moyenne, et suivant l'exemple de la Twingo, qui a été développé en moins de 2 ans grâce au savoir faire chinois, le groupe au losange entend faire de même, ici en Europe, pour toutes ses futures autos. Et le patron prévoit une marge de 5 à 7 % pour les années d'ici 2030. Alors s'il y a un constructeur européen sur lequel il faut miser, c'est bien Renault. Une fois la situation stabilisée au moyen-Orient, Renault devrait retrouver la capitalisation boursière passée.Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : Renault ; industrie-production