Profiter de tout MoteurNature

X (Twitter)


MoteurNature
Toute l'actualité de la voiture verte depuis 2002.

24 années d'expériences pour vous informer.

Voitures électriques : l'Union Européenne prête à céder à la Chine

Jeu 15/01/2026   —   Et tant pis pour les constructeurs européens.
voitures BYD en attente d'exportationDepuis le 5 juillet 2024, les voitures électriques chinoises vendues dans l'Union Europenne sont soumises à une surtaxe. Elle a été mise en place au motif qu'après 9 mois d'enquête (!), les gens de Bruxelles avaient établi que la Chine subventionnait son industrie automobile, et qu'il fallait corriger cet écart de compétitivité par une surtaxe sur les produits finis. On voit déjà là le terrible manque de confiance de l'UE, puisqu'avant de mettre en place la nouvelle fiscalité, l'UE a jugé bon de s'expliquer, et de se justifier longuement auprès de ceux qui seraient assujettis à la nouvelle taxe...

Il y avait eu plusieurs mois de négociations, où plutôt qu'une surtaxe, les chinois avaient proposé de s'abstenir de vendre des autos en dessous d'un certain tarif. C'était l'idée des prix plancher, qu'on croyait morte et enterrée. Même s'il reste que le système en place est complexe et critiquable, puisque les taux de taxe sont variables, de 17 à 35 % selon le constructeur. Imprévisible aussi, puisque si un nouveau constructeur chinois veut se lancer en Europe, il ne sait en avance quel taux de taxe lui sera applicable. Il n'y a que l'UE pour faire des trucs pareils.

Le monde nous donne l'exemple d'un parfait contraire avec le président des Etats-Unis, qui avait décidé en quelques minutes que les voitures chinoises seraient taxées à 100 %, peu importe qu'elles soient électriques ou à essence, et pis, c'est tout.

En 2026, la donne a changée, d'abord parce que les chinois ont très vite réagi. Taxe européenne, arrêt du bonus pour les électriques importées de Chine en France, les chinois se sont adaptés et ont mis sur le marché plusieurs hybrides rechargeables, qui ne sont soumis à aucune surtaxe de la part de l'Europe. C'est ainsi qu'en France l'année dernière, les constructeurs chinois ont quasiment doublé leur part de marché, qui a atteint 3,5 %. Que fait l'Europe pour protéger l'industrie locale ? L'UE aurait accepté cette idée chinoise de prix plancher. C'est une double erreur stratégique, d'abord parce que cela ouvre la porte à la corruption, ou au favoritisme. Dans l'industrie, on connaît le coût de production, mais le prix plancher est un truc complètement arbitraire. Qui le déterminerait, et comment ? L'idée du prix plancher pour les producteurs de lait en France, fait déjà plus de mécontents que de contents, cela ne pourra pas être mieux pour des voitures fabriquées en Chine.

Ensuite, et c'est encore plus grave, il faut regarder où va l'argent. Avec la surtaxe, les recettes de la taxe vont dans des poches européennes. Si on demande aux chinois des prix plancher, ils augmenteront leurs marges, et feront rentrer plus d'argent en Chine. Les chinois bénéficient déjà d'un énorme marché intérieur qui leur permet de faire des économies d'échelle auxquelles aucun constructeur européen ne peut prétendre, et l'UE voudrait leur permettre de faire plus de bénéfices sur leurs ventes en Europe !

Il faut aller dans les maisons de retraite pour trouver des gens qui se souviennent qu'on a fabriqué des téléviseurs et des téléphones en France. L'Europe a été incapable de protéger son industrie d'électronique grand public, et avec le Mercosur, elle est en train de déraciner son agriculture. BMW, Renault, Stellantis et Volkswagen vendent déjà dans l'UE des modèles fabriquées en Chine. Quelqu'un imagine un constructeur chinois produire en Allemagne ou en France, pour exporter ensuite ses autos en Chine ? Ce n'est certainement pas avec des prix plancher qu'on y arrivera.


Laurent J. Masson

Question View

Croyez-vous que Bruxelles sera capable de protéger l'industrie auto européenne ?



Rubrique(s) et mot(s)-clé : voitures-chinoises ; politique-transport_Europe