L'association France Batterie : on attend le concret
Jeu 26/03/2026 — Rien encore pour concurrencer la Chine.
Féderer les différents acteurs d'une filière est une bonne idée. C'est ce qui est en train de se faire autour de la batterie en France, et c'est une initiative des Nouveaux Systèmes Energétiques. La création de l'association France Batterie a été dévoilée par Sébastien Martin, le ministre délégué chargé de l’Industrie, lors d'une visite de l'usine Automotive Cells Company (ACC, la joint-venture entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies), à Billy-Berclau (Pas-de-Calais). Cette association France Batterie doit regrouper toute la filière, 40 entreprises en seraient membres, mais le communiqué n'en précise pas encore les noms, il évoque plutôt le terme faussement magique de gigafactory. Cela sonne mieux qu'usine et c'est plus à la mode, mais ce n'est pas français, et si cela doit désigner une immense usine... On attend de la voir, parce que pour l'heure, la production d'ACC est très loin, hélas, de battre des records.
Néanmoins, 3 objectifs de départ sont fixés. 1/ Déployer des gigafactories pour atteindre 100 à 120 GWh de capacité de production d’ici 2030. Pour se donner une idée, l'usine Tesla du Nevada a produit 47 GWh de batteries l'année dernière, et sa production doit être portée à 100 GWh. Quant au leader mondial, CATL, il a produit 772 GWh de batteries l'année dernière. 2/ Sécuriser les approvisionnements en matières premières, notamment via le recyclage et le développement de matériaux et composants. Sur ce point, le ministre français recevait à l'usine Mme Cecilie Myrseth (nos illustrations), ministre du commerce et de l'industrie de Norvège, avec qui il a conlu un accord pour que ce pays nordique fournisse à la France les matières dont ont besoin les fabricants de batterie. La Norvège est en effet un important centre de raffinage du cobalt, et son sous-sol aurait de vastes réserves de terres rares. 3/ Développer un écosystème durable de réparation et de seconde vie des batteries. Personne ne sera contre, mais on ne peut que déplorer que le communiqué du gouvernement sur l'association France Batterie, ne dise encore rien sur l'exploitation de la mine de lithium sise en Allier, où le développement des batteries sodium ion, pour lesquelles, la France a tous les atouts en main. On attend donc la suite.Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : equipementiers ; batterie-propulsion-electrique