Le GPL-carburant, toujours artificiellement attrayant et faussement écologique
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Le GPL a quasiment disparu des catalogues des constructeurs en Europe de l'Ouest, mais il conserve un attrait pour quelques automobilistes de par une fiscalité avantageuse. C'est la mesure du retard de la politique sur l'industrie. Les constructeurs ont compris que le GPL n'avait plus d'avenir, mais pas encore nos dirigeants. Alors on voudrait enterrer le GPL, plus personne n'en parle, et même pas ce site, qui en 5 ans n'y a consacré que 5 articles. Mais tant que le GPL sera détaxé par rapport aux autres hydrocarbures, pourtant pas plus fossiles que lui, il suscitera un intérêt, d'autant plus grand que les carburants augmentent.
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C'est le moment de s'intéresser à l'origine du GPL. Petit inventaire, classé par bilan CO2 global, du meilleur au plus mauvais.
1/ Extraction sur le puits
Ce n'existe à peu près qu'en Australie. A Bass Strait par exemple, il y a des gisements de pétrole et de gaz naturel, qui contiennent des poches de propane. C'est le GPL naturel, il n'est pas fabriqué, mais extrait du puits. Malheureusement, ce GPL naturel est très rare, il ne représente même pas 1 % du GPL consommé dans le monde. Mais les australiens ont de la chance de pouvoir en disposer.
2/ Sous-production à la raffinerie de pétrole
Les raffineries de pétrole qui produisent l'essence et le gazole, fabriquent du GPL dans leur cycle normal de fonctionnement. C'est un sous-produit de cette industrie, et la consommation de ce GPL est parfaitement légitime.
3/ Sous-production à la raffinerie de gaz naturel
Le gaz naturel est un mélange d'une multitude de gaz. Le méthane y est toujours largement majoritaire, mais pour qu'il le soit à au moins 85/95 %, on écarte ces gaz minoritaires que sont principalement l'éthane, le butane, le propane ou le dioxyde de carbone. C'est par cette méthode qu'on produit plus de la moitié du GPL dans le monde.
4/ Production à la raffinerie
Ceci est distinct de la sous-production évoqué en 2. Il est possible de modifier le processus normal d'une raffinerie pour, à partir d'une quantité de pétrole donnée, produire plus d'essence, plus de gazole, ou plus de GPL. Les possibilités sont limitées, mais il y a une certaine marge de manœuvre. Cependant, elle exige un perdant. Si on veut produire plus de GPL, il faudra produire moins d'essence, ou moins de gazole. Cela peut se faire, mais il y a aussi la question des déchets de production, qui augmenteront propotionnellement à la hausse de la production de ces hydrocarbures légers que sont les GPL. Dans le meilleur des cas, produire plus de GPL conduira à produire plus de bitume, ce n'est pas motivant. Dans le pire, l'augmentation de la production se fera dans des pays peu regardants sur le retraitement des déchets de raffineries (le gras du gras du pétrole), et les déchets seront brûlés dans un coin où personne ne regarde. Dans tous les cas, la consommation d'énergie sera en hausse, le bilan CO2 en chute libre.
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Nous avons franchi la ligne rouge, on peut faire un parallèle avec les biocarburants. Formidable idée que les carburants produits de l'agriculture, mais les contraintes de surface viennent limiter leur développement. Des 4 origines du GPL, le premier n'augmentera pas sauf découverte surprise peu probable, le second va se réduire puisque la qualité du pétrole moyen est en baisse (le brut est de plus en plus lourd et soufré), le troisième sera stable sauf augmentation de l'extraction de gaz naturel (pas impossible), et la seule variable possible est alors dans la quatrième. Tant pis pour les pollutions. Nous devons tirer la meilleure exploitation possible de nos ressources, mais la filière GPL a montrée que ce souci lui était étranger.
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Dommage pour tout le monde, la planète en premier. Pour la plus forte réduction de CO2, c'est le diesel qu'il faut convertir au GPL, et laisser les moteurs essence tels qu'ils sont, mais on ne le fait pas. Alors que Chevrolet vend toujours des voitures coréennes adaptées au GPL quand il est interdit à un particulier de posséder une voiture GPL en Corée du Sud, et que Subaru vend en France des autos au GPL qu'il se garde bien de vendre au Japon. Dacia a introduit une version GPL de sa Logan 1.4 litres sur le marché roumain, parce que là-bas comme ici, les pétroliers ont réussi à faire croire que le GPL méritait une grosse détaxe. Nous espérons qu'elle ne viendra pas nuire au développement de la filière biocarburants dans l'hexagone en restant hors de nos frontières, et qu'à mesure que le bilan CO2 global du GPL s'effondre, la fiscalité qui lui est applicable prendra le chemin inverse.
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Laurent J. Masson
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