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La vraie raison du revirement de Fiat-Chrysler envers Renault

Ven 07/06/2019   —   John Elkann s'est démasqué.
John Elkann à Wall StreetLe groupe Fiat-Chrysler, FCA, avait surpris tout le monde en faisant une offre publique de fusion à parité avec Renault. Il surprend tout autant quand juste quelques jours plus tard, il retire son offre. On parlait en effet d'une fusion à quelques 35 milliards d'euros, avec plus de 100 000 employés, ce n'est pas le genre de deal qu'on signe sur un coup de tête... La norme est dans plusieurs mois de tractations. John Elkann (qui assure la direction de FCA) a changé d'avis, quelque chose l'a fait changer d'avis. On évoque l'interventionnisme du gouvernement français, l'absence de soutien de Nissan, mais il faut aller plus loin. La raison est que John Elkann a compris qu'il ne pourrait pas faire ce qu'il voulait avec le nouveau groupe FCA-Renault, dont il se voyait déjà président omni-potent, face à un Jean-Dominique Sénart qui a 66 ans.

Il ne faut pas tromper. Renault est aujourd'hui une entreprise très dynamique. Cette semaine, la marque au losange a présenté le Koleos restylé. Le lancement d'une nouvelle génération de la Clio est en cours, il y aura la Zoé 2 à l'automne, un nouveau Kangoo l'année prochaine... Alors que chez Fiat, tout ce qu'on peut attendre sera une nouvelle couleur de peinture sur la 500, et des bandes autocollantes pour faire sport sur la Panda. Que ferait John Elkann s'il dirigeait Renault ? Croit-on qu'il investirait des milliards dans de nouveaux modèles électriques à la rentabilité aléatoire ? Il est plus vraisemblable qu'il aurait divisé par 2 tous les budgets R&D, qu'il aurait repoussé à 2028 le lancement de la génération suivante de la Megane, et qu'il aurait dézingué Renault, pour vendre tout ce qui a de valeur, qu'importe le long terme.

C'est exactement ce que Sergio Marchionne a fait de Fiat avec son accord. On pense toujours à John Elkann comme le petit fils des Agnelli, qui était une famille d'industriels, mais lui est un financier (notre illustration, John Elkann à Wall Street, cliché © EXOR). Il tire d'ailleurs l'essentiel de ses revenus d'une société de réassurance. Ferrari a de la valeur, Ferrari a été séparé de Fiat. L'équipementier Magnetti-Marelli était un joyau du groupe Fiat, il en a cédé les actifs. On verra là l'opposition bien connue entre le capitalisme strictement financier, qui ne voit que le court terme, et le capitalisme constructif, avec une croissance lente, mais qui veut durer, et qui respecte les hommes. Renault l'a échappé belle, et – pour la première fois – on peut remercier Bruno Le Maire pour avoir demandé à prolonger les négociations. Car il y a peut-être un problème chez Renault. La nouvelle direction ne semble pas parvenir à renouer un dialogue constructif avec Nissan, et il est possible qu'elle se soit embarquée un peu trop rapidement dans ce projet aventureux.


Laurent J. Masson

MoteurNature a été le premier à prendre parti contre une fusion entre FCA et Renault, et si nous avons pu contribuer à créer un climat de défiance, nous en sommes fiers.

Rubrique(s) et mot(s)-clé : Fiat-Alfa-Romeo-Lancia ; industrie-production