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J'ai vu l'avenir du diesel - Neste MY en Finlande

Station Neste MY HelsinkiStation Neste MY HelsinkiOn entend de plus en plus l'idée que l'avenir appartient à la voiture électrique. Tout entier ! Il n'y aura plus rien d'autre que des véhicules électriques sur les routes, et ce sera merveilleux car ils fonctionneront tous grâce à des énergies renouvelables. Sans évoquer la faisabilité du projet, on peut rappeler que cet avenir d'une mobilité totalement renouvelable, un autre type de propulsion l'avait déjà promise. Le diesel. Les premières démonstrations, par Rudolf Diesel, eurent lieu avec de l'huile végétale brute, et il y a 10/15 ans en France, plusieurs associations avaient mis en valeur les qualités de ce carburant. Mais du fait d'un pouvoir énergétique plus faible que celui du gazole, alors que les moteurs de dernière génération requièrent un carburant de qualité, l'hypothèse du développement de l'huile végétale comme carburant de grande diffusion a été abandonnée. Et d'autant plus que la culture des plantes oléagineuses prenaient de vastes surfaces pour lesquelles il y avait de meilleurs usages. Sans compter la catastrophe de la destruction de nombreuses forêts primaires en Indonésie, pour produire de l'huile de palme.

Station Neste MY HelsinkiL'électrique serait donc la solution, mais il reste qu'on peut s'interroger sur sa viabilité en visitant... Un terminal portuaire. Il faut voir, tout écologiste doit voir, ce flot continu de poids lourds, à toute heure du jour ou de la nuit, et tous les jours de l'année. Il y a toujours des stations services à promiximité, et il faut vraiment voir tous ces camions, l'un derrière l'autre sur plusieurs files, chacun s'abreuver de plusieurs centaines de litres de gazole. Même le plus ardent partisan de l'énergie solaire, vegan et fleur à la boutonnière, aura du mal à imaginer comment électrifier toute cette flotte de véhicules. Alors pour voir plus loin, nous sommes allés en Finlande.
Station Neste MY HelsinkiStation Neste MY HelsinkiSur le port d'Helsinki, la station Neste propose 3 carburants pour véhicules à moteur diesel. Le gazole standard, le gazole grand froid, et un carburant inconnu ailleurs, le Neste MY, un gazole renouvelable qui peut être fabriqué à partir de n'importe quelle biomasse organique. De l'huile de palme ? Oui, il est possible de fabriquer du Neste MY avec de l'huile de palme, et Neste l'a fait pendant plusieurs années, mais il a quasiment supprimé cet ingrédient devant les critiques. Et si aujourd'hui, certains ne voient encore le Neste MY que comme un biocarburant de première génération, il a l'énorme atout d'être un super gazole.

C'est l'indice de cétane qui définit le plus souvent la qualité d'un gazole. La valeur règlementaire est de 51, mais la plupart des voitures sont conçues pour accepter un gazole qui n'aurait un indice de cétane que de seulement 48. Quant au meilleur gazole du marché, il a un indice de cétane de 53/54. Le Neste MY a un indice de cétane supérieur à 70. Le carburant s'enflamme plus vite, sa combustion est plus complète, avec moins d'encrassement, notamment de la vanne EGR ou du FAP. Mais cela n'est pas un secret pour les motoristes.

Station Neste MY HelsinkiIl y a quelques 15 ans, Toyota avait fait des recherches avec Exxon, et le pétrolier avait développé un gazole reformulé, fabriqué à partir de gaz naturel, dont la combustion était ultra propre. S'il était généralisé, il serait possible de supprimer tous les FAPs et autres systèmes SCR. Le Neste MY n'est certes pas aussi performant, mais il est disponible de suite, utilisable pur, à 100 % sans aucun additif pétrolier, et immédiatement, avec une teneur en soufre dix fois plus faible que le gazole pétrolier, il réduit les émissions de particules (au moins -30 %), comme d'oxydes d'azote (au moins -30 %). A propos des particules, on ajoutera aussi que d'origine végétale, elles sont moins toxiques que celles d'origine minérale. Et puis bien sûr, il y a le CO2. En bilan global, la consommation de Neste MY par rapport au gazole issu du pétrole, réduit les rejets de CO2 de près de 90 %. C'est donc mieux qu'une voiture électrique alimentée par une centrale au gaz naturel, ou par n'importe quel autre combustible fossile.

Station Neste MY HelsinkiLes finlandais y croient, et derrière le Neste MY, ils ont organisé toute une filière, pleinement opérationelle, de production avec une ressource abondante chez eux : le bois. La Finlande possède en effet des milliers de km² de forêts, et ces lieux sont quasiment inhabitables du fait d'un froid très rigoureux. C'est d'ailleurs là une raison de plus d'encourager ce gazole renouvelable reformulé, puisqu'il est beaucoup plus résistant aux basses températures que le gazole ordinaire. Il ne gèle qu'à -34°. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, même si cet enthousiasme finlandais surprendra beaucoup de monde ailleurs puisqu'il est... Pour le carburant des moteurs diesel.
Station Neste MY HelsinkiStation Neste MY HelsinkiLe diesel, ou la persona non grata, la technologie que certains politiques veulent interdire, et que quelques constructeurs annoncent (prématurément ?) abandonner. Parce que le diesel pollue plus ! Mais peut-on se permettre de rappeler pourquoi ? Le diesel pollue plus parce qu'il en a le droit. Quand les technocrates ont inventé les normes Euro, ils n'ont pas créé une norme unique, mais deux normes, une pour les voitures à moteur essence, et une seconde, avec des seuils plus laxistes, pour les voitures à moteur diesel. Et on a ainsi donné au diesel le droit de polluer plus (comme les parlementaires, et les employés de la SNCF ont de meilleurs droits à la retraite que les autres, mais c'est un autre sujet...).


Station Neste MY HelsinkiLa logique, comme la simplicité, serait de revenir sur les droits acquis du diesel, mais qui le demande ? Le diesel conserve pourtant des partisans chez les pragmatiques. Mazda vend des voitures diesel au Japon, et aux Etats-Unis, les ventes de diesel par les constructeurs locaux (FCA, Ford et GM) sont en hausse. Kia, qui n'avait jamais vendu de diesel aux Etats-Unis, va en vendre au second semestre, et les coréens ont aussi développé une chaine de traction hybride légère avec un diesel. La tricherie de Volkswagen est un scandale, et il y en a un autre dans le fait que la justice allemande se révèle (encore ?) incapable d'en punir les responsables, mais le diesel est innocent. Ce sont des hommes qui ont abusé. Quand on fait les choses sérieusement, comme Mercedes l'a fait pour son dernier moteur OM 654, le moteur diesel ne pollue pas plus qu'un moteur essence. Voire même moins, puisqu'aujourd'hui, un moteur essence a le droit de rejeter plus de particules qu'un diesel. C'est la loi.

Station Neste MY HelsinkiLes études prouvant la pollution dûe aux diesels sont justes, mais elles ne font que refléter la législation qui autorise le diesel à polluer plus. Qu'on compare les émissions réelles dans toutes les conditions des derniers modèles essence et diesel de Mercedes, et il est difficile de distinguer l'un de l'autre. C'est d'ailleurs de plus en plus le cas sous les capots. Les vannes EGR ont été inventées pour le moteur essence il y a 45 ans, mais elles ont depuis été généralisées sur les diesels. Quant aux FAPs, il y a de plus en plus d'essences à les adopter. Et à une moindre pression, les systèmes d'alimentation de nombreux moteurs essence sont très proches des systèmes d'injection directe par rampe commune des diesels. Mazda enfin, va commercialiser bientôt un moteur ultra efficient dont l'allumage sera selon l'opportunité, commandé ou par compression. Les motoristes nippons ont choisi de le faire fonctionner à l'essence, ils auraient aussi pu choisir le gazole. Les politiques ont choisi de maximiser la distinction essence/diesel, les motoristes la réduisent...

Station Neste MY HelsinkiLe gazole renouvelable Neste MY n'est pas disponible dans toutes les stations Neste de Finlande (liste), mais déjà il n'y a pas que les stations pour poids lourds, et sa disponibilité s'accroît dans les stations pour automobilistes (où il est juste un peu plus cher que le gazole ordinaire), et on le trouve aussi comme additif (mélangé à 15 %) en Lettonie. Il se vend aussi en Californie, où des gestionnaires de flottes captives l'achètent pour tous leurs besoins (exemple : les pompiers de Pasadena). Et quand la France, avec plusieurs autres pays d'Europe, est poursuivie en justice par Bruxelles pour pollution de l'air excessive, la Finlande est dans les clous. On verra aussi que les émissions de CO2, entre 2016 et 2017, étaient en hausse de 3,2 % en France, mais en baisse de 5,9 % en Finlande. Et cela alors que les voitures électriques y sont extrêmement rares. La différence est flagrante par rapport à Paris, ou même aux pays baltes. Il nous a fallu circuler plusieurs heures à Helsinki avant d'en croiser une ! Bien sûr, le Neste MY, s'il a eu une incidence dans ces chiffres, n'aura assurément joué qu'un rôle mineur. Mais ces chiffres témoignent que les responsables de l'environnement en Finlande mettent leur pays sur la bonne voie. Les autres peuvent s'inspirer de leur exemple.
Station Neste MY HelsinkiStation Neste MY HelsinkiMaintenant, sans prendre parti pour le diesel, tout le monde doit reconnaitre que l'exemple du carburant Neste MY est une solution qui marche, qu'elle est effective et utilisable immédiatement, tout en étant renouvelable. L'avenir sera probablement électrique, mais plus sûrement multi-énergie. Et ce serait faire une erreur que de ne pas garder toutes les options sur la table. Le diesel avec du gazole renouvelable est une solution durable qui marche, et libre à ceux qui ne l'apprécient pas d'aller électrifier les terminaux portuaires, avec leurs énormes flottes de poids lourds.


Laurent J. Masson







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