Le bel avenir du moteur essence
Lun 26/01/2026 — Aux Etats-Unis, donc ailleurs aussi.
On croyait que c'était plié. Toutes les voitures allaient très vite devenir électriques, mais non. Pour deux raisons. La première est qu'on avait oublié les gens. La plupart des pays européens ont mis en place des législations pour favoriser l'achat des voitures électriques au détriment des modèles essence. Mais, la Norvège exceptée, une large majorité d'automobilistes continuent à acheter des modèles à essence. Les électriques en France, ont représenté 20 % des immatriculations de voitures neuves l'année dernière, et 19,1 % en Allemagne. Cette proportion augmente tous les ans, et personne ne doute que le zéro émission sera bientôt dominant, mais... Pas avant un certain nombre d'années.
Cette situation en Europe et aux Etats-Unis montre alors un contraste énorme avec la Chine, où la progression des électriques est beaucoup plus rapide, mais là aussi cela s'explique par 2 raisons. La première est dans un leadership technologique, puisque la Chine a cru en l'électrique avant l'Occident, et que la politique y a orienté de très gros moyens, humains et financiers. Il y a ensuite le profil de l'acheteur moyen, qui est très différent de ce qu'on connait dans l'hexagone. Chez les concessionnaires en France, les vendeurs ont bien remarqué que le client moyen a souvent des cheveux blancs. Et cela change tout, parce que cela veut dire qu'il a déjà conduit des voitures essence pendant 30 ans, voire plus. Passer à l'électrique est une grosse décision, alors qu'en Chine, beaucoup n'ont jamais possédé de voiture avant d'envisager une électrique, ou ils n'ont qu'une toute petite expérience de la voiture particulière.
Pour revenir à l'Occident, après les gens dont on avait surestimé le bon vouloir à passer à la mobilité électrique, il y a le politique. Et un homme au-dessus de tous les autres, LE Donald. Le président des Etats-Unis a supprimé les réductions d'impôt auquelles donnait droit l'acquisition d'une voiture électrique. Il a aussi assoupli les objectifs globaux de réduction de consommation. Et s'il n'y a plus de pétrole, il y en a plein au Venezuela, on ira le chercher. Le constructeur qui a été le plus prompt à réagir à cette nouvelle donne fut Stellantis. Ces derniers mois, il a présenté le pick-up RAM SRT TRX avec V8 à compresseur de 777 ch, la Jeep Wrangler MOAB V8 de 470 ch, et la Dodge Charger Scat Pack 6 cylindres double turbo de 550 ch. Ford a suivi en annonçant l'arrêt de son gros pick-up électrique F-150 Lightning. Les constructeurs européens qui vendent en Amérique devraient suivre ce mouvement énergivore.Pour réduire les émissions de CO2, ça va pas le faire.
Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : Stellantis ; essence-diesel