Arrivera t-on à fabriquer des batteries en grande série en France ?
Mer 30/09/2026 — Des difficultés qui se répercutent chez Stellantis.
C'était il y a 6 ans qu'on annonçait la naissance de Automotive Cells Company. Une entreprise qui allait fabriquer des centaines de milliers de batteries pour plusieurs constructeurs européens leaders, avec une première usine en France, qui serait suivie d'une autre en Allemagne, et d'encore une autre en Italie. Mais les choses ne se sont pas passés comme prévu. Pas du tout. Les projets d'usines en Italie et en Allemagne ont été abandonnés, l'usine française de Douvrin est la seule en activité, et elle devrait rester seule, du moins jusqu'à ce que les choses changent, et ce ne sera pas demain.ACC devait fabriquer les batteries des Peugeot 3008 et 5008 électriques, mais ces autos ont débuté leurs carrières avec des batteries achetées au chinois BYD. Par rapport au calendrier initial, l'usine a plus de 18 mois de retard. C'est la petite batterie, celle d'une capacité de 73 kWh qui est acquise à BYD, ACC devant se focaliser sur la grosse batterie, celle d'une capacité de 97 kWh. Cette batterie est employée dans de nombreux modèles de Stellantis, notamment la Citroën C5 Aircross, les DS N°7 et N°8, la Lancia Gamma, l'Opel Grandland, les Peugeot 3008 et 5008. Et portée par la demande des sociétés que la fiscalité contraint à acheter des voitures électriques, la demande est importante, très supérieure à la production.
D'après Auto Infos, ACC fabriquerait aujourd'hui quelques 5000 batteries par mois, avec l'objectif de passer à 6000 d'ici la fin de l'année. C'est très en deça des besoins, et Stellantis n'a alors pas d'autre choix que de programmer une semaine d'arrêt de la production de l'usine de Sochaux, celle qui fabrique les Peugeot 3008 et 5008, ainsi que de l'usine de Rennes qui fabrique la C5 Aircross. Cela après l'échec de l'usine scandinave de Northvolt, et de Tiamat, la PME française leader de la technologie sodium-ion. N'ayant pu trouver de financement, elle a dû se résoudre à faire fabriquer en Chine. Ces faits montrent, hélas, que la domination chinoise dans la production de batteries ne faiblit pas.Les constructeurs automobile européens qui sont pressés (la demande d'électriques augmente avec la hausse du pétrole) n'ont aujourd'hui que 2 alternatives. Acheter à un fabricant chinois, ou fonder une co-entreprise avec un fabricant chinois. On osera pourtant espérer qu'ACC parviendra à surmonter les difficultés, et devenir un grand fabricant de batteries, mais personne n'osera dire à quelle date.
Laurent J. Masson
Rubrique(s) et mot(s)-clé : Stellantis ; batterie-propulsion-electrique