| Ses points forts Personnalité propre Direction & comportement e-Pedal pour ceux qui aiment |
Ses points faibles Sélecteur de marche Habitabilité arrière Intérieur trop Renault |
Nous sommes nombreux à avoir des souvenirs de Micra. Cela fait plus de 40 ans qu'on en voit sur les routes, alors forcément. Elle fut la première voiture japonaise à recevoir le titre de voiture européenne de l'année, et on se souvient aussi de la version découvrable du début de ce siècle. Mais la Micra a bien changé aujourd'hui. Dans sa génération d'avant, elle avait commencé à adopter des moteurs Renault, et dans cette nouvelle génération, c'est toute la partie technique de l'auto qui est d'origine Renault. La Nissan Micra est donc devenue une voiture française, par sa technologie, mais aussi par sa production, puisqu'elle est fabriquée à Douai, dans le département du Nord. Une énorme conséquence de cette nouvelle donne est que la Micra n'est plus vendue au Japon. Ce n'est plus désormais qu'une voiture européenne, ce qui signifie parfaitement adaptée à notre marché.
Nous avions essayé l'année passée la Renault 5 E-Tech, la Micra en est la jumelle technique. Comme la Renault, la Micra existe avec 2 motorisations. Un moteur de 90 kW (120 ch) associé à une batterie LFP de 40 kWh (autonomie jusqu'à 317 km), ou un moteur de 110 kW (150 ch) avec une batterie NMC de 52 kWh (autonomie jusqu'à 416 km). Cela permet à notre rédaction de faire une différence. Nous avions essayé la Renault avec le petit moteur, nous avons essayé cette Micra avec le gros moteur. Avec l'une ou l'autre motorisation, le temps de recharge est le même, 30 minutes pour passer de 15 à 80 %, parce que la grosse batterie accepte un courant de charge plus fort. Voilà qui est bien vu, même si la puissance maximale acceptée (100 kW) ne bat aucun record. Pour le reste, c'est du classique. La Micra est comme toujours une traction avant à moteur transversal, mais il faut souligner la présence d'un essieu arrière multi-bras. Toutes les voitures de ce segment n'en ont pas encore, alors que c'est un vrai plus.
Elle a bien une personnalité à part cette Micra. Qu'on la regarde de face ou de dos, son look est parfaitement distinct de la Renault 5. Les designers Nissan du studio de Londres ont su lui donner un aspect tout différent malgré que la cellule centrale soit commune aux 2 autos. Et cela, on le constate dès qu'on monte à bord. Il y a certes un logo Nissan sur le volant, mais l'instrumentation est 100 % Renault, avec toujours cet horrible sélecteur de marche façon tube de rouge à lèvres. Il est déjà peu pratique sur les Renault, il ne l'est pas plus ici. On retrouve aussi la navigation par Google Maps, à laquelle on peut parler pour donner sa destination, et qui est l'une des meilleures du genre, sinon la meilleure. Autre bon point, la pompe à chaleur, la technologie la plus efficiente pour le chauffage d'une électrique, est de série.
Ma voiture d'essai présente bien avec son intérieur bi-ton (c'est la finition supérieure), mais l'habitabilité arrière est franchement juste. Pour moi qui suis grand et qui doit pas mal reculer le siège, il ne peut y avoir qu'un petit derrière moi. En largeur, c'est OK. Pour la tête, ce n'est déjà pas formidable, mais même si le plancher est plat, l'espace pour les pieds et les genoux est très mesuré. Pour autant, on ne verra pas cela comme un vrai défaut. La Nissan Micra n'a jamais été une familiale. La priorité des designers était de faire une petite auto pour la ville, et ils ont réussi. Encore qu'à la lecture des caractéristiques, j'aurais été surpris de voir que la Micra est 5 cm plus longue que la Renault 5. Elle fait 3,97 m. Je n'avais pas remarqué cela l'auto devant moi, et au volant, la Micra est hyper maniable. On peut se faufiler et se garer partout.
On a de bons ingénieurs en France. C'est un fait que les chinois sont super bons pour les batteries et les propulsions électriques, mais à chaque fois que j'essaie une chinoise, une BYD, une Leapmotor ou autre, je trouve une mauvaise direction et un comportement routier approximatif. Pas ici. Cette Nissan Micra est beaucoup plus agréable à conduire. Bravo aux ingénieurs Renault qui ont conçu les trains roulants. C'est vraiment un domaine où les français font mieux que les chinois. Mais en prenant le volant de la Micra, je me posais une question. Après avoir essayé la R5 avec le moteur 120 ch, y aurait-il une grande différence avec cette Micra 150 ch ? Et bien, non. Alors c'est vrai que les motorisations électriques donnent peu de sensation. Avec une différence de puissance de 25 %, des moteurs essence auraient été plus démonstratifs. Le constructeur annonce le 0 à 100 km/h en 8 et 9 secondes, mais en ville, il n'est pas évident de sentir cette différence. J'en aurais senti une autre, qui m'a surpris. Je ne l'attendais pas celle-là.
J'ai débord vérifié s'il y avait des différences entre les suspensions des Renault 5 E-Tech et la Nissan Micra, mais on m'a assuré que non. La différence est donc dans la motorisation, et les suspensions qui vont avec chaque motorisation. Cela s'explique d'ailleurs par la différence de masse. La Nissan Micra 40 kWh pèse 1377 kg, celle avec la batterie de 52 kWh fait 1452 kg. Il y a sensiblement la même différence chez Renault, et cette différence de poids fait que... L'auto avec la grosse batterie est plus sèche de suspension que celle avec la petite. Je suppose que les tarages de suspension ne sont pas les mêmes. Dans tous les cas, c'est beaucoup moins raide qu'une Mini, mais pour celui qui aime le confort, c'est la petite batterie qu'il faut choisir. Elle est plus douce. Une vraie différence avec la Renault ensuite, c'est la présence d'un mode e-Pedal. On connait tous maintenant la possibilité de moduler la regénération de l'énergie perdue au freinage des électriques, il y a ici pour cela des manettes derrière le volant, et l'e-Pedal, c'est la regénération maximale. On lâche l'accélérateur, et sans toucher aux freins, la voiture va jusque l'arrêt complet. Ceratins pourront trouver cela pratique, mais moi, plus j'essaie ce dispositif, moins j'en suis convaincu. D'abord parce que j'aime profiter de l'inertie d'une motorisation électrique. Sans frein-moteur, la voiture continue sur sa lancée sans consommer d'énergie et je trouve cela fabuleux. Mais aussi parce qu'avec une commande de frein qui n'a pas d'autre fonction que le ralentissement, il est plus facile de moduler son freinage. Pour ceux qui apprécient l'e-Pedal néanmoins, il n'y a pas d'autre petite voiture qui en dispose.
Sur l'autoroute, je me cale à 130 km/h, et c'est parti pour 100 km. L'exercice me coûta 44 % de la charge de la batterie. C'est dire que sauf à vouloir décharger la batterie en dessous d'un niveau de 10 %, il sera difficile de faire plus de 200 km entre 2 recharges. Sur des petites routes au Sud d'Orléans, la Micra s'est révélé beaucoup plus sobre, puisque je parcourus 100 km en consommant cette fois 27 % de la batterie. Cela se traduira par une autonomie réelle de quelques 370 km, ce qui est déjà beau. La mission est remplie. Il reste toutefois que la recharge pourrait être plus rapide. Sur une borne 150 kW, le courant le plus fort que j'ai vu affiché était de 83,7 kW. J'ai rechargé de 41 à 100 %, 30,271 kWh, en 41 minutes et 21 secondes. Ma seconde recharge aurait dû être plus rapide, mais quand une voiture est venu se brancher sur la borne à côté, cela a coupé ma recharge. Ces bornes de recharges sont des animaux capricieux.
Si je me mets bien en face de la Micra, et que je la regarde avec les feux allumés, j'ai l'impression de voir une voiture de dessin animé. Je trouve vraiment cette face avant amusante. J'aurais aimé que la planche de bord soit aussi imaginative, on ne peut pas tout avoir. Ce qu'on a déjà, c'est une alternative à la Renault 5, avec en prime pour ceux qui aiment l'e-Pedal. 120 ou 150 ch, la Nissan Micra est proposée à partir de 28 000 et 33 500 €, la Renault 5 E-Tech à 28 490 et 31 990 €. En 120 ch, c'est donc la Micra la moins chère, et c'est l'inverse en 150 ch. Quelques équipements sont différents pour expliquer les différences de prix, mais il serait difficile de choisir l'une ou l'autre sur une question de budget. C'est sur le style qu'il faut faire son choix. Et de couleurs, puisque le nuancier Nissan est beaucoup plus classique que le Renault avec ses couleurs flashy. Si vous aimez le look néo-rétro, craquez pour la Renault, et si vous êtes séduit(e) par ses gros phares ronds, prenez la Nissan.






