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Il y a pourtant une perte de puissance, elle a été mesurée. Le test a indiqué qu'il y avait 4,6 kW en moins quand le moteur fonctionnait au gaz naturel, soit une baisse de 5,1 %. Mais je n'ai pu la constater, car mon essai s'est déroulé dans des conditions assez difficiles, par temps froid et sur chaussées humides, il n'aurait pas été raisonnable de pousser la voiture dans ses derniers retranchements. Mais cela veut aussi dire qu'en conduite normale, la différence entre les 2 carburants n'est pas perceptible. Sans compter que la différence de puissance entre les 2 carburants n'est peut-être pas si grande que celle mesurée.
Cela, car la puissance a été mesurée sur un banc à rouleaux, c'est-à-dire aux roues. Il s'agissait alors de la puissance cumulée des moteurs thermique et électrique. Le test a été réalisé de la même manière à l'essence et au gaz, mais le niveau de charge de la batterie était-elle la même entre les 2 tests ? Il peut y avoir là une différence mesurable, et c'est à ce type de détails qu'on comprend combien il est difficile de modifier une Prius. Cette difficulté n'a pourtant pas effrayé l'équipe d'Holdigaz, la société suisse qui a conçu ce kit bicarburation, qui a en toute logique choisie elle aussi des solutions sophistiquées, comme en témoigne l'alimentation en gaz par une injection multi-points.
Soulignons déjà l'idée d'avoir retenue la bicarburation. Car il aurait été plus simple de faire une auto dédiée au gaz naturel, mais devant la faiblesse du réseau de distribution, son usage aurait été limité. Alors qu'il y a 60 stations de remplissage publiques en Suisse, c'est plus qu'en France ! Mais non, la voiture a 2 réservoirs, comme le montre la photo ci-contre, tandis que celle au-dessus, présente le commutateur, qui fait aussi office de jauge à gaz. Ce sont les barettes vertes qui indiquent ce qui reste comme gaz. On le voit, ceci n'est pas très satisfaisant sur un plan esthétique, mais il s'agit du prototype, et cela n'est pas définitif.
Ce prototype n'avait pas non plus les réservoirs définitifs. On voit ci-contre 2 réservoirs d'une contenance de 16 litres (en volume), alors que le kit est commercialisé avec 2 réservoirs de 22 litres (en volume). Ils sont remplis de gaz naturel comprimé à 200 bars. Un chiffre qui ne doit pas faire peur, puisque les réservoirs ont été testés pour tenir jusqu'à 400 bars, et qu'il y a des réservoirs d'hydrogène à 700 bars homologués. Mais ce qu'il faut retenir est qu'avec cette quantité de gaz, l'autonomie est d'un peu plus de 200 km. Il est possible de faire mieux en adjoignant un troisième réservoir, mais ce n'est pas sans concession, car on empiète alors sur le volume du coffre. Au client alors de choisir, pendant que j'en viens à la question principale.
Kit bicarburation GPL ou gaz naturel, devant l'un ou l'autre, il y a une question unique à se poser : est-ce que cela pollue moins ? On peut croire au Père Noël, mais il ne faut pas croire que parce qu'on convertit une auto au GPL ou au gaz naturel, elle va automatiquement polluer moins, même si le gaz naturel a un avantage théorique grâce à une faible teneur en carbone. En 2006, une Subaru GPL pollue plus qu'une Subaru essence, c'est un fait prouvé, et pour être sûr que la Prius au gaz naturel pollue moins, j'ai demandé les mesures d'émissions toxiques de l'auto. Preuve du sérieux des gens qui ont conçu cette transformation, on a bien voulu me les donner. Je tiens à souligner ce fait, car en dépit de demandes répétées, je ne suis toujours pas parvenu à obtenir les mesures d'émissions toxiques d'aucune Renault GNV ou GPL !| CO | HC | NOx | CO2 | |
| Toyota Prius, Valeurs constructeur | 0,18 | 0,02 | 0,01 | 104 |
| Prius Holdigaz essence, valeurs mesurées | 0,122 | 0,017 | 0,022 | 125,3 |
| Prius Holdigaz gaz naturel,valeurs mesurées | 0,240 | 0,036 | 0,006 | 91,2 |
| Normes EURO-4 (rappel) | 1,000 | 0,100 | 0,080 | — |
Les émissions de monoxyde de carbone (CO), et les hydrocarbures imbrûlés (HC)* doublent en roulant au gaz, mais leurs valeurs restent très faibles, puisque respectivement au quart, et au tiers, des limites fixées par le norme anti-pollution EURO-4. Et si on regarde les oxydes d'azote (NOx), en passant de l'essence au gaz naturel, ils sont carrément divisés par 3, tandis que les émissions de dioxide de carbone (CO2, le gaz responsable de l'effet de serre) sont réduites de plus de 30 % (ou de plus de 10 %, si on prend en compte les valeurs fournies par Toyota). Il n'y a donc qu'un mot à dire, c'est valable. Le système de bicarburation fonctionne très bien, je l'ai constaté, et ces chiffres prouvent qu'il permet de polluer moins.






