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On a l'habitude de se moquer des voitures américaines. Parce qu'elles sont rustiques, et loin de la technicité des européennes ou des nippones. Cela a longtemps été vrai, mais un 4x4 familial comme le Chevrolet Uplander est désormais disponible avec un moteur V6 à distribution variable. Et la nouvelle Cadillac CTS (ci-contre) possède un V6 à injection d'essence directe qui ne déparerait pas sur une allemande. Ses 3,6 litres envoient 300 ch et 366 Nm aux 4 roues par le biais d'une boite à 6 rapports (manuelle ou automatique au choix), sur le papier, Audi ne fait pas mieux.
Ford non plus, mais il dit pourtant qu'il le projette. Le concept-car Lincoln MKR (ci-contre) utilise le nouveau V6 de Ford, un bloc tout aluminium de 3,5 litres (260 ch et 330 Nm de couple), en y ajoutant une injection directe et 2 turbos. La puissance grimpe à 415 ch, et le couple monte à 540 Nm. C'est du downsizing à l'américaine. C'est du moins ce que le constructeur explique. A l'image de Volkswagen qui remplace son 2 litres de 150 ch par un 1,4 litres TSI de 170 ch, Ford dit que son V6 TwinForce™ fournit la puissance d'un V8 de 6 litres, mais avec une consommation inférieure de 15 %.
Les constructeurs américains réagissent, et il réagissent vite. La Ford Five Hundred (ci-contre) en témoigne. Cette voiture n'est commercialisée que depuis à peine 2 ans, que Ford en présente déjà un conséquent restyling. La voiture manquait de personnalité, elle a une calandre plus expressive. Son V6 de 200 ch était un peu juste, elle adopte le nouveau de 260 ch. Et sa transmission à variation continue ne faisait pas l'unanimité, elle est remplacée par une classique automatique à 6 rapports. En option, une transmission intégrale, système Haldex. Qu'on se le dise, les voitures américaines n'ont plus rien de rustique, les autos se mettent à la page en terme de technologie pour gagner en sobriété, et plus important encore : leurs constructeurs sont à l'écoute de leurs clients.
C'est une question de survie, parce que tous les autres les veulent, leurs clients, à commencer par Toyota. Le géant nippon avait présenté l'année dernière une nouvelle génération de gros pick-up, il était à Detroit dans une monstrueuse éxécution 4 portes. 4,19 m d'empattement et 380 ch sous le capot ! Toyota a maintenant la fierté de pouvoir dire qu'il concurrence les constructeurs américains sur tous les segments. Mais la valeur écologique de la Toyota moyenne chute d'un coup... Et ce n'est pas la sortie d'une version apte à fonctionner au superéthanol E85 de ce pick-up, en 2009, qui va relever la barre. On attend la Prius III pour cela, mais dans l'attente, les constructeurs américains conservent un avantage dans le domaine des gros pick-ups.
Leur atout, ce sont des moteurs diesel. Le marche américain a longtemps été dieselophobe, mais les pick-ups s'y sont mis avec succès depuis quelques années. Les raisons de ce succès sont bien simples. Les caractéristiques du nouveau V8 Toyota de 5,7 litres, 380 ch et 540 Nm de couple sont impressionnantes, mais celles du V8 diesel Power Stroke de Ford le sont encore plus. Ses 6,4 litres donnent 350 ch et 880 Nm de couple. Les professionnels savent depuis longtemps que pour un utilitaire, rien ne vaut la frugalité, et le couple, d'un diesel. Ce moteur Power Stroke est tout neuf, il emmène les Ford Super Duty (ci-contre), et ses caractéristiques n'ont rien à envier aux meilleurs réalisations européennes. Injection par rampe commune haute pression, injecteurs piézo-électriques, filtre à particules, il a tout ce qu'il faut.
Il s'agit cependant de véhicules utilitaires, et les constructeurs américains n'ont pas encore franchi le pas du diesel dans la voiture particulère, mais les allemands leur montrent la voie avec l'armada Bluetec. Cette technologie de dépollution, déjà évoquée par Moteur Nature sur la Mercedes E320 CDI, GL 420 ou la Volkswagen Jetta, était également visible à Detroit chez Audi et Jeep. Audi exposait fièrement sa R10 TDI, la voiture qui a gagnée Le Mans, et à-côté, une paire de Q7. Un Q7 V6 noir, et un Q7 V12 blanc (ci-contre), tous deux avec des moteurs
TDI Bluetec.
Jeep recourait à la même technologie, le moteur de son concept Trailhawk (ci-contre) était d'ailleurs le même moteur que celui de la Mercedes E320 CDI. Tous ces diesels passent les futures normes anti-pollution de Californie, qui sont les plus strictes du monde, et s'ils les passent, c'est parce qu'ils ne polluent absolument pas plus que les voitures essence. Il y avait un temps où le moteur diesel polluait plus que celui à essence, ce temps est révolu. Les normes à respecter sont identiques. Mais, s'il n'est plus possible de dire du mal du diesel, on peut encore vilipender les hommes politiques qui agissent, qui interviennent, pour retarder l'application des normes les plus sévères. Nous pensons à certains élus du parlement européen, et Moteur Nature se fera un plaisir de donner bientôt leurs noms.
Reportage sur l'édition 2007 du salon de Detroit, page 2, les hybrides.


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